La Thérapie Brève Systémique et Stratégique

“La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent” (Albert Einstein).

La Thérapie Brève Systémique et Stratégique est une approche thérapeutique psycho-relationnelle née du courant de pensée de l’Ecole de Palo Alto en Californie.

La Thérapie Brève se différencie par une vision novatrice de la genèse et de la résolution de problème – de la psychanalyse et de la psychologie, qui, elles s’efforcent de trouver le pourquoi de votre souffrance en allant chercher les évènements traumatisants de votre histoire.

“La fin de toute chose est une ouverture sur le début d’une autre » (Thomas Stearn Eliot)

LE DEROULEMENT DE LA THERAPIE

On sait que certains événements du passé peuvent laisser des blessures importantes chez l’individu. Quelqu’un peut avoir vécu des situations dramatiques, mais on ne peut jamais savoir si ces événements vont conduire cette personne à vivre dans une sorte de trou noir pendant le reste de sa vie ou, au contraire, l’amener à développer des capacités hors du commun : les réactions de l’entourage, leurs commentaires et leurs réponses peuvent modifier complètement l’impact d’expériences parfois très douloureuses vécues par des enfants.

Il en va de même pour les adultes. On entend parfois certaines personnes dire ou relayer des expressions telles que : « on ne peut jamais se remettre d’un viol, d’un divorce, d’un abandon, d’un inceste, de l’absence d’un père, de la perte d’un enfant… » On constate aujourd’hui que ce sont précisément ces commentaires définitifs qui peuvent cimenter l’inéluctabilité de la prédiction.

On peut arriver à dépasser ces expériences terribles, on a le droit de vouloir qu’elles ne nous empêchent pas de tirer profit du reste de notre vie : les clés de la résolution du problème créé dans le passé ne sont pas enfouies dans le passé, elles sont dans la création actuelle du souvenir du passé, dans la façon dont nous y réagissons aujourd’hui.

On peut dire que le passé reste présent si le présent renforce le passé ! C’est en soignant le présent qu’on permet aux patients de guérir de leur passé, non pas en les amenant à prendre conscience de l’impact de l’expérience passée, mais en les aidant à trouver des solutions aux difficultés engendrées par le passé dans leur vie actuelle.

La cible du traitement devient donc l’arrêt des tentatives de solution inefficaces qui, au lieu de permettre une disparition du problème, enveniment la situation par un processus d’escalade. Giorgio Nardone a réussi à systématiser certaines grandes classes de « tentatives de solution ». Il a pu montrer, résultats thérapeutiques à l’appui, que l’évitement systématique d’une situation effrayante peut conduire à un trouble phobique, un effort répété pour s’endormir conduire à l’insomnie, une volonté répétée pour arrêter un comportement parasite mener à une compulsion, un effort excessif pour lutter contre l’envie de nourriture conduire à des crises de boulimie, une volonté de contrôle d’un comportement non souhaité entraîner son exacerbation, etc. Toutes les difficultés personnelles, relationnelles ou familiales peuvent s’analyser de cette manière.

L’IMPORTANCE DE LA COMMUNICATION DANS LE PROCESSUS THERAPEUTIQUE

L’objectif du psychothérapeute ou thérapeute apparaît donc clairement : il va utiliser toutes les ressources de la communication pour que son patient renonce à ses tentatives de solution et que l’environnement proche puisse trouver une façon créative de se réguler.

Si le modèle de Palo Alto est donc d’une grande simplicité, un fantastique réducteur de complexité pour l’approche des difficultés humaines en général, proche de l’épure, la mise en œuvre des interventions thérapeutiques nécessite un savoir-faire complexe. Il s’agit, pour le thérapeute, de trouver les meilleures techniques et stratégies de communication pour que le patient puisse renoncer à ses tentatives de solution en sachant que, la plupart du temps, tous ses apprentissages antérieurs et sa construction du monde l’y poussent inexorablement.

C’est ainsi que le clinicien devra apprendre à créer un contexte relationnel sécurisant, à manier les techniques de changement, notamment l’usage du contre-paradoxe (la technique de la prescription du symptôme, notamment) et se montrer suffisamment créatif pour imaginer des prescriptions, c’est-à-dire des « tâches », des expériences concrètes qui, lorsque le patient les mettra en œuvre, le conduiront inévitablement à renoncer à ses tentatives de solution habituelles.

Ces expériences permettent de recadrer la manière cognitive d’interpréter le problème. Elles sont soigneusement construites en vue de servir “d’expérience émotionnelle correctrice” (Alexander), permettant au patient de vivre la situation problématique habituelle sur un mode émotionnel inconnu jusque-là dans ce contexte “pathologique”. Mais d’un point de vue théorique, chacune de ces stratégies a comme objectif premier d’arrêter les tentatives de solution qui maintiennent le problème.

Contrairement aux idées largement répandues dans le secteur, l’approche interactionnelle considère que le changement précède la prise de conscience : si tu veux voir, apprends à agir disait le cybernéticien Heinz von Foerster. Pour l’approche systémique et stratégique, la pathologie ne se trouve pas chez l’individu mais au sein des relations. En changeant la structure de la relation, on change inévitablement, pour chacun des partenaires, le sens, l’émotion, le comportement et l’interaction elle-même.

On le voit, il s’agit d’une méthode éminemment pragmatique qui considère que le changement ne passe pas par la prise de conscience des « causes » du problème, mais que c’est la mise en œuvre concrète d’un nouveau mode de régulation de la difficulté qui conduit à sa résolution. Cependant, ce changement, lorsqu’il est effectif, produit à la fois une réorganisation plus fonctionnelle au niveau cognitif, émotionnel, comportemental et relationnel, donnant à l’individu une plus grande souplesse adaptative pour affronter un milieu sans cesse en évolution.

TROUBLES ET PROBLEMES TRAITES

Mes consultations accueillent tous types de publics : enfants, adolescents, adultes, couples et familles qui souffrent de difficultés personnelles, relationnelles et/ou familiales.

  • troubles anxieux : phobies, angoisses, obsessions, tocs…
  • troubles alimentaires : anorexie, boulimie, orthorexie, vomissements…
  • troubles de l’humeur : dépressions, épuisement, troubles bipolaires…
  • stress post traumatique
  • conduites « hors normes » : délires, paranoïa, schizophrénie…
  • relations parents-enfants difficiles, problèmes liés à une adoption ou émergeant dans des familles recomposées
  • hyperactivité, déconcentration, décrochage scolaire, énurésie
  • troubles affectifs et sexuels, violence
  • stress, harcèlement, fatigue professionnelle.

Petit rappel Historique de l’Ecole de Palo Alto

L’école de Palo Alto est un courant de pensées riches et novatrices, initié par l’anthropologue et biologiste anglais Gregory Bateson qui crée ce groupe du nom de la ville de Palo Alto en Californie, dans les années 50. Avec lui et grandement inspiré par Milton Erickson, c’est toute une équipe, et pas des moindres, qui va se constituer avec Don Jackson (psychiatre), Paul Watzlawick (psychologue), Dick Fish (psychiatre), John Weakland (anthropologue et thérapeute) et Jay Haley (brillant stratège en communication et thérapeute formé par Erickson).

Giorgio Nardone (né le 13 septembre 1958 à Arezzo) est un psychothérapeute italien représentant du courant de la Thérapie Brève Stratégique. Directeur de Centre de thérapie stratégique d’Arezzo en Italie, il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur la thérapie brève. En 2003, il contribue à la création du Réseau Européen de Thérapie Systémique Stratégique Brève (EWBSST), avec notamment Mony Elkaïm, Gianfranco Cecchin, Stefan Geyerhofer, Camilo Loriedo, Teresa Garcia Rivera, Jean-Jacques Wittezaele et Wendel Ray.

Comme le dit si bien Giorgio Nardone dans “Le dialogue stratégique” : “penser que si l’on comprend une chose, on pourra la changer est une vieille illusion des êtres humains.” Contrairement au pourquoi et à de longues années d’accompagnement, la Thérapie Brève s’illustre par une démarche qui vise le comment sortir la personne de sa souffrance, en étant orientée solution et changement dans l’ici et maintenant, avec un travail plus bref (de quelques séances 10 à 20 séances maximum).

Gregory Bateson, le fondateur de Palo Alto

Gregory Bateson (1904-1980) était un anthropologue, psychologue, épistémologue américain. Influencé par la cybernétique, la théorie des groupes et celle des types logiques, il s’est beaucoup intéressé à la communication, mais aussi aux fondements de la connaissance des phénomènes humains.